Lundi 9 avril 2018 — Dernier ajout dimanche 22 avril 2018

Décès de l’abbé Derrien : kenavo, tad Marsel !

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C’est le dimanche des Rameaux (25 mars 2018) qu’est décédé à 87 ans l’abbé Marcel Derrien. Ses obsèques ont été célébrées le mercredi 28 à la basilique Notre-Dame de Bon Secours de Guingamp, en présence de Monseigneur Moutel, évêque de Saint-Brieuc et Tréguier. L’abbé Derrien, que tout le monde appelait par son prénom Marcel, était un enfant du pays. Grand amateur de foot, il était un ardent supporter d’En-Avant. Bon connaisseur de la langue bretonne, il avait œuvré dans le cadre de sa langue maternelle, célébrant des messes en breton, participant à l’édition des cantiques de la paroisse de Bourbriac, et prenant une part active à l’établissement de textes liturgiques dans cette même langue. Voici l’allocution prononcée par Mgr Moutel, suivie de l’homélie de l’abbé Guy Marzin, curé.

Sommaire

Mot d’accueil de Mgr Moutel pour les obsèques de l’abbé Marcel Derrien

Nous sommes venus nombreux pour manifester notre reconnaissance à l’abbé Marcel Derrien, mais pour dire surtout à Dieu notre action de grâce pour tous les dons reçus et notre espérance, car Dieu continue toujours ce qu’il a commencé, tout particulièrement dans la vie d’un bon serviteur.

L’abbé Marcel Derrien est né à Kerien, non loin de Bourbriac, le 5 février 1931. Il venait d’avoir 87 ans. Il a grandi à Pabu qu’il avait rejoint ces dernières années, à vos côtés, Monique sa sœur. Je me rappelle encore l’accueil si chaleureux, il n’y a pas si longtemps dans son Mobile home si bien aménagé et dans votre maison pour le repas.

Après son ordination presbytérale en 1956, il devient vicaire instituteur à Callac puis, de 1958 à 1964, professeur à l’Institut des sourds-muets à Saint-Brieuc. En 1964, il rejoint le service paroissial en étant vicaire à Rostrenen pendant 10 ans, puis recteur de Grâces et administrateur de Plouisy, pendant 10 années. De 1984 à 2005, il vit son ministère de pasteur à Bourbriac.

C’est en 2005 qu’il vient à Guingamp, depuis sa résidence de Pabu. Bien sûr c’est la retraite officielle mais en aucun cas l’arrêt pour les nombreux services qu’il continue de rendre à Guingamp et dans la région : célébration des eucharisties dominicales et des obsèques, présidence de nombreux pardons.

Finalement, s’il y a une ligne de force dans sa vie, c’est bien celle de la fidélité. Dans des contextes parfois difficiles pour l’Église, il vit en actes le oui qu’il a donné au Seigneur pour être prêtre et serviteur de tous. Nous avons bénéficié de cette même fidélité dans les amitiés qu’il a nouées. Plutôt joyeux et simple, il aimait être proches des gens et il conservait de nombreux liens avec ceux qu’il avait rencontrés dans son ministère.

Nous lui devons un engagement fort pour la culture bretonne. Il pratiquait bien sûr sa langue maternelle dans la liturgie de l’Église, comme ici pour la Saint Loup. Mais il apportait aussi son temps et son étude pour la publication de traductions liturgiques. Il faisait partie des quelques professeurs auprès de qui je pouvais vérifier la justesse des quelques phrases que j’ose prononcer en breton. J’ai eu la joie de l’accompagner une fois ou l’autre au stade du Roudourou pour soutenir son club de cœur l’En-Avant Guingamp ». Il était intarissable et connaisseur sur les parcours des joueurs ou les résultats espérés pour tel ou tel match.

Marcel, la partie n’est pas finie ! Merci de prendre place maintenant au rang des supporters de tous tes amis. Merci de nous soutenir dans l’amitié du Christ. Nous le suivons de plus près, cette semaine, et nous sommes sûrs, Marcel, qu’avec Lui et en Lui, vous avez déjà remporté la victoire, celle de la résurrection.

+ Denis Moutel, évêque de Saint-Brieuc et Tréguier
L'abbé Marcel Derrien -  voir en grand cette image
L’abbé Marcel Derrien

Homélie du père Guy Marzin

(Évangile : Marc 15, 33-34.37-39 ; 16, 1-6) Il y a trois mois, le 28 décembre dernier, je rendais visite à Marcel à l’EHPAD de Montbareil à St Brieuc. Il était fatigué mais communiquait très bien. Très vite, comme on le fait en visitant un convalescent, je lui demande : « Alors Marcel, comment vas-tu ? » La réponse a été pour moi révélatrice du personnage : « J’attends ! ». Tu attends d’aller à côté, au Cèdre, avec les confrères prêtres en retraite ? « Non, non, j’attends de passer sur l’autre rive, dans la Maison du Père. Je rêve de me coucher le soir et de me réveiller le lendemain matin dans les bras du Seigneur. Tu sais Guy, mon bonheur n’est plus ici maintenant, il est avec le Seigneur. Comme dit le psaume : “Je n’ai de repos qu’en Dieu seul, mon salut vient de lui” (Ps 61). »

En rentrant chez moi au presbytère de Guingamp, j’ai tout de suite noté ces belles paroles de Marcel. Ces paroles rejoignent très bien de passage de l’Évangile selon saint Marc que nous venons d’entendre. Jésus est mort sur une croix, il est ressuscité le premier jour de la semaine. Il dit aux quelques femmes venues au tombeau : « N’ayez pas peur, vous cherchez Jésus de Nazareth, le crucifié ? Il est ressuscité ! » C’est là le cœur de la foi des chrétiens que nous célébrons durant cette semaine sainte. Après le vendredi saint il y a le jour de Pâques. C’est la foi de l’Église. C’était la foi de Marcel qui vient de nous quitter. Quand il me disait qu’il attendait de « passer sur l’autre rive, dans la Maison du Père », il ne disait pas autre chose que son espérance en Dieu, sa foi en la résurrection de Jésus Christ. C’est un beau signe donné à Marcel, et à tous ceux qui ont entendu l’annonce de sa mort dimanche matin, que de mourir le jour ou était célébré le dimanche des Rameaux et la Passion du Seigneur. Marcel est entré dans le sommeil de la mort le jour où l’Église faisait mémoire de la Passion de Jésus.

La foi qui animait la vie de Marcel a peut-être été un peu cachée par le style du personnage. Marcel avait ses limites comme chacun de nous. Il était imprévisible par moment. Il était plein d’humour. Mais derrière son style, il y avait la foi qui animait sa vie, il y avait son attachement à la personne de Jésus Christ. Chacun de nous peut se retrouver finalement dans ce que Marcel a vécu. Il y a ce que nous donnons à voir, notre manière de vivre, nos qualités et nos défauts… Mais le ressort de notre vie apparait plus difficilement. On ne distingue pas toujours ce qui irrigue la vie intérieure de quelqu’un. C’est parfois, dans la fragilité, dans la maladie, dans l’épreuve, que nous découvrons ce qui animait la vie d’un proche.

Pour les chrétiens, comme ce fut le cas pour Marcel, c’est dans la prière, la méditation de la Parole de Dieu, la célébration des sacrements, que nous sommes nourris, irrigués de la sève de l’Évangile. L’Évangile devient une force, un appui. Il nous fait passer de la peur à la paix. La Semaine Sainte que nous vivons actuellement, nous offre à tous l’occasion de venir puiser à la source vive du salut. Les célébrations du triduum pascal nous font aller au cœur de la foi, à Jésus Christ mort et ressuscité. Allons à la source qui vient transfigurer notre vie. Puissions-nous tous dire un jour, comme Marcel : « Je n’ai de repos qu’en Dieu seul, mon salut vient de lui. » (Ps 61) - Amen.

Abbé Guy Marzin.
l'abbé Marcel Derrien (photo Tercelin) -  voir en grand cette image
l’abbé Marcel Derrien (photo Tercelin)

Rappel des dates principales de la vie de l’abbé Marcel Derrien

  • Né le 5 février 1931 à Kérien (22).
  • Ordonné prêtre le 17 mars 1956.
  • 1956 : prêtre instituteur à Callac (22).
  • 1958 : professeur - Institution des sourds-muets à St-Brieuc.
  • 1964 : vicaire à Rostrenen.
  • 1974 : recteur à Grâces-Guingamp ; aumônier du lycée public de Kernilien ; aumônier des scouts de Guingamp.
  • 1977 : … et administrateur de la paroisse de Plouisy.
  • 1984 : curé des paroisses de Bourbriac et St-Adrien.
  • 1994 : curé de Rostrenen et Bonen.
  • 1996 : au service de la paroisse de Bourbriac.
  • 2002 : curé de la paroisse Saint-Briac de Bourbriac.
  • 2005 : en retraite à Pabu.
  • Décédé au Cèdre le dimanche 25 mars 2018.

Mot d’accueil de Mgr Moutel pour les obsèques de l’abbé Marcel Derrien

Nous sommes venus nombreux pour manifester notre reconnaissance à l’abbé Marcel Derrien, mais pour dire surtout à Dieu notre action de grâce pour tous les dons reçus et notre espérance, car Dieu continue toujours ce qu’il a commencé, tout particulièrement dans la vie d’un bon serviteur.

L’abbé Marcel Derrien est né à Kerien, non loin de Bourbriac, le 5 février 1931. Il venait d’avoir 87 ans. Il a grandi à Pabu qu’il avait rejoint ces dernières années, à vos côtés, Monique sa sœur. Je me rappelle encore l’accueil si chaleureux, il n’y a pas si longtemps dans son Mobile home si bien aménagé et dans votre maison pour le repas.

Après son ordination presbytérale en 1956, il devient vicaire instituteur à Callac puis, de 1958 à 1964, professeur à l’Institut des sourds-muets à Saint-Brieuc. En 1964, il rejoint le service paroissial en étant vicaire à Rostrenen pendant 10 ans, puis recteur de Grâces et administrateur de Plouisy, pendant 10 années. De 1984 à 2005, il vit son ministère de pasteur à Bourbriac.

C’est en 2005 qu’il vient à Guingamp, depuis sa résidence de Pabu. Bien sûr c’est la retraite officielle mais en aucun cas l’arrêt pour les nombreux services qu’il continue de rendre à Guingamp et dans la région : célébration des eucharisties dominicales et des obsèques, présidence de nombreux pardons.

Finalement, s’il y a une ligne de force dans sa vie, c’est bien celle de la fidélité. Dans des contextes parfois difficiles pour l’Église, il vit en actes le oui qu’il a donné au Seigneur pour être prêtre et serviteur de tous. Nous avons bénéficié de cette même fidélité dans les amitiés qu’il a nouées. Plutôt joyeux et simple, il aimait être proches des gens et il conservait de nombreux liens avec ceux qu’il avait rencontrés dans son ministère.

Nous lui devons un engagement fort pour la culture bretonne. Il pratiquait bien sûr sa langue maternelle dans la liturgie de l’Église, comme ici pour la Saint Loup. Mais il apportait aussi son temps et son étude pour la publication de traductions liturgiques. Il faisait partie des quelques professeurs auprès de qui je pouvais vérifier la justesse des quelques phrases que j’ose prononcer en breton. J’ai eu la joie de l’accompagner une fois ou l’autre au stade du Roudourou pour soutenir son club de cœur l’En-Avant Guingamp ». Il était intarissable et connaisseur sur les parcours des joueurs ou les résultats espérés pour tel ou tel match.

Marcel, la partie n’est pas finie ! Merci de prendre place maintenant au rang des supporters de tous tes amis. Merci de nous soutenir dans l’amitié du Christ. Nous le suivons de plus près, cette semaine, et nous sommes sûrs, Marcel, qu’avec Lui et en Lui, vous avez déjà remporté la victoire, celle de la résurrection.

+ Denis Moutel, évêque de Saint-Brieuc et Tréguier
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L’abbé Marcel Derrien

Homélie du père Guy Marzin

(Évangile : Marc 15, 33-34.37-39 ; 16, 1-6) Il y a trois mois, le 28 décembre dernier, je rendais visite à Marcel à l’EHPAD de Montbareil à St Brieuc. Il était fatigué mais communiquait très bien. Très vite, comme on le fait en visitant un convalescent, je lui demande : « Alors Marcel, comment vas-tu ? » La réponse a été pour moi révélatrice du personnage : « J’attends ! ». Tu attends d’aller à côté, au Cèdre, avec les confrères prêtres en retraite ? « Non, non, j’attends de passer sur l’autre rive, dans la Maison du Père. Je rêve de me coucher le soir et de me réveiller le lendemain matin dans les bras du Seigneur. Tu sais Guy, mon bonheur n’est plus ici maintenant, il est avec le Seigneur. Comme dit le psaume : “Je n’ai de repos qu’en Dieu seul, mon salut vient de lui” (Ps 61). »

En rentrant chez moi au presbytère de Guingamp, j’ai tout de suite noté ces belles paroles de Marcel. Ces paroles rejoignent très bien de passage de l’Évangile selon saint Marc que nous venons d’entendre. Jésus est mort sur une croix, il est ressuscité le premier jour de la semaine. Il dit aux quelques femmes venues au tombeau : « N’ayez pas peur, vous cherchez Jésus de Nazareth, le crucifié ? Il est ressuscité ! » C’est là le cœur de la foi des chrétiens que nous célébrons durant cette semaine sainte. Après le vendredi saint il y a le jour de Pâques. C’est la foi de l’Église. C’était la foi de Marcel qui vient de nous quitter. Quand il me disait qu’il attendait de « passer sur l’autre rive, dans la Maison du Père », il ne disait pas autre chose que son espérance en Dieu, sa foi en la résurrection de Jésus Christ. C’est un beau signe donné à Marcel, et à tous ceux qui ont entendu l’annonce de sa mort dimanche matin, que de mourir le jour ou était célébré le dimanche des Rameaux et la Passion du Seigneur. Marcel est entré dans le sommeil de la mort le jour où l’Église faisait mémoire de la Passion de Jésus.

La foi qui animait la vie de Marcel a peut-être été un peu cachée par le style du personnage. Marcel avait ses limites comme chacun de nous. Il était imprévisible par moment. Il était plein d’humour. Mais derrière son style, il y avait la foi qui animait sa vie, il y avait son attachement à la personne de Jésus Christ. Chacun de nous peut se retrouver finalement dans ce que Marcel a vécu. Il y a ce que nous donnons à voir, notre manière de vivre, nos qualités et nos défauts… Mais le ressort de notre vie apparait plus difficilement. On ne distingue pas toujours ce qui irrigue la vie intérieure de quelqu’un. C’est parfois, dans la fragilité, dans la maladie, dans l’épreuve, que nous découvrons ce qui animait la vie d’un proche.

Pour les chrétiens, comme ce fut le cas pour Marcel, c’est dans la prière, la méditation de la Parole de Dieu, la célébration des sacrements, que nous sommes nourris, irrigués de la sève de l’Évangile. L’Évangile devient une force, un appui. Il nous fait passer de la peur à la paix. La Semaine Sainte que nous vivons actuellement, nous offre à tous l’occasion de venir puiser à la source vive du salut. Les célébrations du triduum pascal nous font aller au cœur de la foi, à Jésus Christ mort et ressuscité. Allons à la source qui vient transfigurer notre vie. Puissions-nous tous dire un jour, comme Marcel : « Je n’ai de repos qu’en Dieu seul, mon salut vient de lui. » (Ps 61) - Amen.

Abbé Guy Marzin.
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l’abbé Marcel Derrien (photo Tercelin)

Rappel des dates principales de la vie de l’abbé Marcel Derrien

  • Né le 5 février 1931 à Kérien (22).
  • Ordonné prêtre le 17 mars 1956.
  • 1956 : prêtre instituteur à Callac (22).
  • 1958 : professeur - Institution des sourds-muets à St-Brieuc.
  • 1964 : vicaire à Rostrenen.
  • 1974 : recteur à Grâces-Guingamp ; aumônier du lycée public de Kernilien ; aumônier des scouts de Guingamp.
  • 1977 : … et administrateur de la paroisse de Plouisy.
  • 1984 : curé des paroisses de Bourbriac et St-Adrien.
  • 1994 : curé de Rostrenen et Bonen.
  • 1996 : au service de la paroisse de Bourbriac.
  • 2002 : curé de la paroisse Saint-Briac de Bourbriac.
  • 2005 : en retraite à Pabu.
  • Décédé au Cèdre le dimanche 25 mars 2018.