Le lutrin de l’église de Bourbriac

mercredi 26 décembre 2012
par  Jef Philippe
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Le lutrin de l’église Saint-Briac de Bourbriac fut sculpté par l’atelier Pascal, de Guingamp, vers 1847.

info document -  voir en grand cette imageIl arrive que des visiteurs de l’église de Bourbriac demeurent en arrêt devant le beau lutrin en bois massif actuellement placé près de l’entrée de la crypte, s’interrogeant sur l’origine et le sens de cet objet. Essayons d’y voir plus clair.

Le lutrin de Bourbriac -  voir en grand cette image
Le mot lutrin (du latin lectrum) est d’abord un terme de musique désignant un support de partitions. En breton on dit « al letrin ». Dans les églises il s’agit d’un grand pupitre que l’on place dans le chœur afin de supporter de gros livres de chants latins (antiphonaires ou livres de plain-chant) dont les notes et les paroles peuvent être lues de loin par toute la chorale. Souvent les lutrins affectent la figure d’un aigle, symbole de Saint Jean l’Evangéliste (appelé Aigle de Patmos, du nom de l’île grecque où, assigné à résidence, il rédigea ses épitres et le livre de l’Apocalypse.) Dans ce cas le lutrin s’appelle aussi l’aigle, de même que l’on donne le nom de lutrin, par extension, au groupe de chantres.

L’aigle est aussi un symbole du Christ car il monte au ciel comme Jésus au moment de l’Ascension. Ici, l’aigle tient dans ses serres un serpent, symbole du mal dans la Bible.

Le serpent dans les serres de l'aigle -  voir en grand cette image

Un autre serpent, musical celui-là, est sculpté sur chacune des trois faces du pied de la statue : c’est un instrument de musique inventé en 1590 par un prêtre d’Auxerre, Edme Guillaume. Il servait à accompagner les chants à l’église en l’absence d’orgue, ou au moins à donner la note de départ. Il fut ensuite remplacé par l’ophicléide, qui, bien qu’imparfait, sonnait plus juste. Sur notre lutrin il est croisé avec une flûte traversière de modèle ancien qui devait servir au même usage.

Le pied sculpté du lutrin -  voir en grand cette image

D’où vient ce lutrin qui intrigue tant certains visiteurs ? La réponse nous est donnée par l’abbé Bertrand Loyer le 18 mars 1923 dans Le Clocher de Bourbriac : « […] la chaire fut faite en 1847 par Pascal de Guingamp. Le même sculpteur fit les confessionnaux du transept, l’ancien maître-autel qui se trouve aujourd’hui à Saint-Houarno, l’autel du Sacré-Cœur, le baldaquin qui surmonte le tombeau de Saint Briac, l’ancien dôme du baptistère, le lutrin qui se trouve derrière la chœur.

Son principal collaborateur était François le Guilcher, artiste menuisier de Bourbriac, le grand-père d’Yves le Guilcher. La colossale statue de Saint Briac reléguée dans la crypte est encore une œuvre de Pascal. Ce vieux Saint Briac,
« Sant Briak koz » avait été taillé dans une énorme poutre de la maison de Jean-François Morvan, sacristain, père de Mlle Clothilde Morvan récemment décédée. Voilà de vieilles histoires qu’il est bon de savoir et de retenir. »

Retenons cette dernière phrase en conclusion ; il y en a tant à dire sur nos belles églises !

Jef Philippe (reprise partielle d’un article paru dans le bulletin paroissial Kleier ar Minibriag, octobre 2009, n° 10)


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