Visite de l’église Saint-Briac de Bourbriac (22)

jeudi 26 février 2015
par  Jef Philippe
popularité : 38%

Cette visite reprend le dépliant qui fut publié par la Commune de Bourbriac en 2008. Elle comprend quelques renseignements et de nombreuses photos supplémentaires. (Cliquer sur les photos pour les agrandir).

  •  

 Plan :

I) Les grandes étapes de la construction

  • II) Saint Briac
  • III) La crypte
  • IV) Les transepts
  • V) La nef
  • VI) La tour
  • VII) En portfolio : photos de l’extérieur
    L’église Saint-Briac de Bourbriac (vue Nord, de la Place)


    L’église de Bourbriac, vue du sud-est.

 I - Les grandes étapes de la construction

  • Xe-XIe siècles : premier édifice (crypte romane).
  • XIIIe : fenestrage de la longère est de l’aile nord du transept.
  • XVIe : a) chœur et reste des ailes du transept.
    b) tour ouest (1535) ; porche nord.
  • XVIIIe : incendie (1765), réfection nef, bas-côtés. Construction des autels latéraux.
  • XIXe : flèche de la tour ouest (1869).
  • XXe : orgue (1989).
  • 2006 : autel et ambon neufs.

 II - Saint Briac et sa légende

Buste reliquaire de Saint Briac

Le personnage de saint Briac a donné son nom à deux communes : Saint-Briac (Îlle-et-Vilaine) et Bourbriac (Côtes-d’Armor). Sa vie légendaire le fait venir d’Irlande via le Pays de Galles avec St Tugdual, premier évêque de Tréguier (VIe siècle). Le roi Deroch l’aurait appelé à fonder un monastère dans le territoire qui allait devenir le Minihi Briac (ou Minibriac), puis Bourbriac. Installé à l’emplacement actuel de la chapelle de Bodfo, il bâtit un nouveau monastère qui devait donner naissance au bourg, avant de se retirer pour vivre en ermite au Péniti, où se trouve une chapelle ancienne. Il serait mort en 627 et est fêté le 17 décembre. Il est invoqué pour la guérison de maladies nerveuses.
Des recherches plus récentes d’André-Yves Bourgès voient plutôt en saint Briac un personnage du Xe siècle.
Le Minibriac (le minihi, ou monastère de Briac) fut d’abord un territoire avec droit d’asile autour du monastère, dont la procession de la « leo-dro » (= un périmètre d’une lieue) rappelle chaque année lors du Pardon (jeudi de l’Ascension) le tracé primitif. Puis il donna son nom à un territoire englobant notamment Bourbriac, Saint-Adrien, Coadout, Plésidy et Magoar. Le monastère de Saint Briac pourrait avoir été détruit par les normands au IXe siècle.
Le nom de Bourbriac : diverses étymologies fantaisistes circulent. Il faut comprendre : « le bourg de Briac » (en langue bretonne : Boulvriag).

 III - La crypte

Placée au chevet de l’église, sous le chœur, sa partie centrale est la plus ancienne du monument (Xe ou XIe siècle). C’est un carré de 6 x 6 m avec 4 piliers de 2,50 m de hauteur. C’est là que les épileptiques et malades nerveux entendaient la messe.

Partie centrale (romane) de la crypte


Crypte centrale : entrée nord


Crypte centrale vue de l’entrée nord


Crypte centrale : les piliers proches du chœur


Crypte centrale : deux piliers


Crypte centrale : les deux autres piliers

Chapelles latérales de la crypte

Cette partie centrale est flanquée de deux chapelles plus récentes au nord et au sud.
Au nord, une chapelle remaniée au XVIe siècle, autrefois appelée chapelle Saint-Laurent. Elle a une fenêtre de même époque et un enfeu aux armes de Conan du Gouezlin et de sa femme Barbe du Pont de Vaugaillard qui vivaient au début du XVIe siècle.

Blason de C du Goueslin & de B. Du Pont de Vaugaillard


Porte d’entrée de la chapelle nord de la crypte (extérieur)

Dans cette chapelle nord de la crypte se trouve le gisant de l’abbé Guillaume Pinson né à Plounévez-Quintin en 1794, arrivé à Bourbriac en 1845 en tant que curé-doyen et décédé à Bourbriac en 1875. Il a joué un rôle important notamment lors de l’édification de la flèche de la tour (1869). Son mausolée est de P. Léon. Inscription latine tirée de Apocalypse 17, 13 (parties en gras seules) : [Et audivi vocem de cælo, dicentem mihi : Scribe :] Beati mortui qui in Domino moriuntur. [Amodo jam dicit Spiritus, ut requiescant a laboribus suis :] opera enim illorum sequuntur illos.
[Et j’entendis du ciel une voix qui disait : Ecris :] Heureux dès à présent les morts qui meurent dans le Seigneur ! [Oui, dit l’Esprit, afin qu’ils se reposent de leurs travaux,] car leurs œuvres les suivent

Gisant de l’abbé Pinson

Au sud, une autre chapelle du XVIe siècle, avec une fenêtre du XIVe s. De cette chapelle on accédait à l’église par un escalier appelé « tro izellañ » (= le tour le plus bas). Elle possède une porte ancienne (actuellement comblée) par où entraient les seigneurs du Helloc’h.

Chapelle sud de la crypte.


Entrée (comblée) de la chapelle sud de la crypte, & escalier dit « tro izelañ »

 IV - Les transepts

Vitrail du transept nord : ce vitrail (Laigneau, 1886) représente à gauche le démon empêchant les fidèles de venir écouter les enseignements du Père Maunoir (effectivement venu prêcher une mission à Bourbriac en 1657) ; en haut, la Vierge et Mgr Grangier, évêque de Tréguier, prient pour protéger la mission. À droite, le Père Maunoir prêche dans l’église pleine, devant l’évêque ; en haut, Vierge à l’Enfant, Mgr Grangier bénissant la foule, ange.
Au centre, des figures allégoriques évoquent les litanies de la Vierge (de bas en haut) : Étoile du matin, Tabernacle précieux, Source de notre joie (vase), Rose mystique, Miroir de sainteté. Certains y voient des symboles ésotériques.

Vitrail Laigneau (transept nord) avec le Père Maunoir

Les transepts sont éclairés par de grandes fenêtres que de fins meneaux divisent en 5 baies supportant des réseaux fleurdelisés.

Dans l’église : la croisée du transept

Les quatre gros piliers qui encadrent le chœur portaient la première tour, remplacée après l’incendie de 1765 par un simple clocheton de style Renaissance.

Parties romanes de la croisée du transept

La « vieille tour »

Au-dessus du chœur actuel se dressait une tour-lanterne (c’est-à-dire percée d’ouvertures laissant passer la lumière pour éclairer le chœur) jusqu’à l’incendie de 1765. Elle fut remplacée par un simple clocheton de style Renaissance. Il est intéressant de voir que, dans ce qui constitue désormais des combles où l’on remarque l’envers de la voûte du chœur, subsistent des peintures anciennes, rappelant que les murs des églises étaient souvent peints, comme on le voit sur les photos ci-dessous. Cette tour, dont existe encore l’escalier, reposait sur les piliers romans du chœur.

Transept nord (extérieur) et le clocheton de style Renaissance ayant remplacé la « vieille tour »


Vieille tour : détails de l’escalier.


Vieille tour (au-dessus du chœur) : peinture ancienne


Peinture de l’ancienne tour 1


Peinture murale dans l’ancienne tour 2.


Détail de la charpente de la nef (1)


Détail de la charpente (2) : transept nord.

Le transept

Plus récents que la crypte, la longère est du transept nord et la croisée du transept sont de type roman. Ce sont les restes de l’église romane primitive :
« Le carré du transept est formé de quatre grandes arcades à double archivolte, à arêtes vives, surmontées de tailloirs continus […] ornés de stries, de sujets de vannerie, de cordons en sautoirs. » (R. Grand)

La croisée des transepts


Arc roman de la croisée des transepts


Haut de pilier du transept : motifs décoratifs romans


Haut de pilier du transept : motifs décoratifs romans (détail)

Dans l’aile gauche du transept se trouve le lutrin : voir l’article qui lui est consacré sur ce même site : http://www.paroisse-bourbriac.catho…

Les autels

Les autels des transept gauche et droit sont du XVIIIe siècle. Au fond de l’abside a été déposé l’ancien autel (sculpté par Le Goff au XIXe siècle). On y voit le Christ, Bon Pasteur, au centre. A sa droite, un évêque foulant des pieds un serpent (allusion à saint Briac, qui, abbé, pouvait porter la mitre, et qui guérit un paysan mordu par un serpent ?) ; à sa gauche, un évêque foulant du pied un dragon (Mgr Grangier, peut-être, comme dans le vitrail du transept sud -voir ci-dessus, en IV- ?).
L’autel moderne, conçu par le Frère Pierre le Doré, de la Commission Diocésaine d’Art Sacré, construit par le menuisier local Patrick Simon, fut inauguré en 2006.

Ancien autel (Le Goff, XIXe siècle), au fond de l’abside.


Transept sud : autel du Sacré-Cœur (XVIIIe s.)


2006 : ambon et autel neufs

 V - La nef

La nef et les bas-côtés datent du XVIIIe siècle ; détruits lors de l’incendie de 1765, ils ont été reconstruits en 1771 d’après les plans de l’ingénieur Anfray.

La nef vue du fond de l’église


Bénitier près de la porte sud


Marque de tâcheron (en haut du bas-côté nord, au sol).


Chaire à prêcher (1847, par Pascal de Guingamp)

En mémoire de saint Briac

Au fond de l’église se trouve un catafalque en bois construit à la fin du XIXe siècle, entourant un monument funéraire classé appelé « tombeau de saint Briac », du XVIe siècle. On y voit un gisant en albâtre représentant saint Briac en tenue de moine. Le chien à ses pieds est symbole de fidélité.

Catafalque et tombeau de Saint Briac


Tombeau de Saint Briac


Dans le catafalque : gisant de Saint Briac

Plus ancien que le catafalque, le cercueil monolithique situé derrière lui est une sorte d’auge en pierre creusée en forme de corps humain. La tradition en a fait le cercueil de saint Briac. Autrefois il se trouvait dans la crypte. Il pourrait dater du haut Moyen-Âge.

Auge du Moyen-Âge, dite « cercueil de saint Briac »


Fonts baptismaux et porte d’entrée de l’escalier de la tour Renaissance (ouest)

Le porche nord

Porche latéral nord (début du XVIe siècle). 12 apôtres (en terre cuite polychrome) y sont placés sur des culs-de-lampes décorés de rinceaux et de feuillages. Ses portes datent de 1903. Ce porche a été garni en 2000 d’un vitrail moderne de Thierry Le Normant.

Toit du porche nord, vu de la tour.


Le porche nord.


Porche nord : les Âpôtres (A)


Porche nord : les Apôtres (B)


Porche nord : vitrail de Thierry le Normant (200)


Vitrail du porche nord : détail (incipit de l’évangile de Matthieu)


Porte d’entrée du porche nord


Vierge à l’Enfant dans le porche nord.

L’orgue

Celui de Didier Van Caster (1901) fut remplacé en 1989 par un instrument neuf, conçu par Roland Leclère, construit par Pierre Vialle, et béni (22 avril 1990) par Mgr Kervennig, évêque de Saint-Brieuc et Tréguier, puis inauguré par Michel Bouvard. Il sert pour le culte et pour des concerts.

Composition de l’orgue  :

Orgue Leclère-Vialle (1989)

2 claviers + pédalier

  • Positif (56 notes)
  • Bourdon 8 - Quinte 1 1/3
  • Flûte 4 - Sesquialtera
  • Flûte 2 - Régale
  • Grand Orgue (56 notes) :
  • Trompette - Plein Jeu
  • Quinte 2 2/3 - Doublette
  • Flûte 8 - Prestant
  • - Montre 8
  • Pédalier (30 notes) :
  • Bourdon 16 - flûte 8
  • Accouplement Pos et GO
  • +Tremblant doux – Rossignol

 VI - La Tour

Appelée « tour neuve » par opposition à celle, plus ancienne, qui surmontait le chœur avant l’incendie de 1765. Inscription : « En l’an 1535, le 10e jour de juin, (fut) commencée cette tour par G. Cozic, maître de l’ouvrage d’icelle (= de celle-ci). E. Diridolo ». Il s’agit d’un « clocher porche ».

Tour : détail de la face ouest.


La tour : détail avec gargouille.


Intérieurs des clochetons.


Fenêtre au nord de la tour.


Les cloches.

L’arbre cosmique poussant dans un bénitier du porche ouest symbolise le lien entre la terre et le Ciel.

Porche ouest : l’arbre cosmique.

Voici quelques photos du porche ouest qui se trouve au pied de cette tour.

Entrée du porche de la tour ouest


Porche ouest, détail 1 : porte de gauche donnant sur la nef.


Porche ouest : détail 2 (arbre de vie et porte de droite vers la nef)


Porche ouest, détail 3


Porche ouest, détail 4.


Porche ouest, détail 5 : entrée extérieure (côté droit).


Porche ouest, détail 6 : plafond et passage pour les cordes des cloches


Porche ouest, détail 7 (sommet de l’arbre de vie)

La flèche, qui culmine à 64 m, fut construite en 1869, remplaçant une première flèche en bois qui fut abattue par une tempête en 1867. Architecte : Alphonse Guépin père, en collaboration avec l’abbé Daniel, qui a aussi œuvré à Bulat et à Mur-de-Bretagne.

Vue du nord-est : la Tour Neuve.

La fontaine de Saint Briac

L’antique source alimentant le bourg a dû recevoir, probablement au XVIe siècle lors de la construction de la Tour Neuve, sa parure de granit. Elle a une surface de 15 m2 et ne fut jamais à sec de mémoire d’homme. Son trop-plein alimentait la citerne du presbytère. Des bancs de pierre permettaient aux pèlerins de s’asseoir. La niche du saint est vide depuis le XIXe siècle.

Fontaine Saint-Briac (Bourbriac)


Fontaine Saint-Briac et tour vue du sud.

 VII - Portfolio

On trouvera ci-dessous diverses photos.

Vue du sud-ouest.


Vue de l’est.


Vue du sud.


toits vus du clocher, direction Plésidy.


Sculptures extérieures.


Tour « neuve » : détail (dernier étage vu du sud-est)


Nord : l’harmonie des toitures.


Porte (bouchée) de la chapelle sud de la crypte (extérieur)


Contreforts plats du chevet roman (est)

NB : voir aussi l’article : http://www.paroisse-bourbriac.catho…


PS :

Texte et photos : Jef Philippe.


Portfolio

Un coin de « grenier » au-dessus de la croisée (...) Détail d'enciennes peinture (avant 1765) (...) Détail d'enciennes peinture (avant 1765) (...) Fenêtre romane bouchée (extérieur du croisillon (...)

Commentaires

Bouton Contact image Jésus
Bannière denier

Agenda

<<

2017

 

<<

Août

 

Aujourd’hui

LuMaMeJeVeSaDi
31123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031123
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois