Éditorial de novembre 2020 : la Communion de tous les saints Enregistrer au format PDF

Mardi 3 novembre 2020
0 vote

En ce mois de novembre 2020, le père Alexandru Buzalic nous parle de la fête de la communion de tous les saints.
La fête de Toussaint est un moment qui nous unit dans la famille, c’est un moment de retour dans la pays de nos ancêtres. De même, c’est une fête qui nous unit spirituellement dans l’Église visible et invisible, les célébrations de cette période étant un témoignage de la cohésion de toute l’humanité dans le plan universel de rédemption en Jésus-Christ.

L’Église est une, sainte, catholique et apostolique. L’Église est en même temps un corps mystique unique de Jésus-Christ, composé de tous les membres, c’est-à-dire de toutes les personnes rachetées, réunies dans la communion des saints. Et cette réalité, visible et invisible, caractérise l’Église dans la dimension du mystère de sa présence dans l’histoire et à la fois dans l’éternité, un Royaume de Dieu en construction, "hic et nunc"- ici et maintenant, qui vit déjà la plénitude de la vie "du monde à venir", comme nous l’e proclamons dans le Credo. L’enseignement de l’Église nous parle de trois états dans lesquels subsiste l’Église du Christ : une Église historique et combattante des croyants qui vivent en construisant le Royaume de Dieu - c’est nous, dans le "maintenant" ; il y a une Église triomphante de saints qui se réjouissent éternellement du bonheur du paradis - tous les saints connus dans les calendriers de l’église ou ceux connus seulement de Dieu ; et l’Église souffrante des âmes au purgatoire.

Voici ce que dit la Constitution sur l’Église de Vatican II, "Lumen Gentium" : " En attendant que le Seigneur soit venu dans sa majesté accompagné de tous les anges et que la mort détruite, tout lui soit soumis, les uns parmi ses disciples continuent sur terre leur pèlerinage ; d’autres, ayant achevé leur vie, se purifient encore ; d’autres enfin sont dans la gloire contemplant ‘dans la pleine lumière, tel qu’il est, le Dieu un en trois Personnes’ " (LG n. 49).

Entre les membres de l’Église se manifeste le liant invisible de la communion des saints. C’est pourquoi nous faisons appel à l’intercession des saints dont nous nous souvenons dans la solennité de Toussaint, parce que : "Ils ne cessent d’intercéder pour nous auprès du Père, offrant les mérites qu’ils ont acquis sur terre par l’unique Médiateur de Dieu et des hommes, le Christ Jésus (…). Ainsi leur sollicitude fraternelle est du plus grand secours pour notre infirmité." (Catéchisme de l’Église Catholique n. 956).

Historiquement, au IVe siècle, l’Église grecque décide de fêter les martyrs chrétiens, morts pour leur foi. Cette fête est encore célébrée aujourd’hui dans les Églises orientales le samedi avant le début du Carême et, avec plus de solennité, le samedi avant la Pentecôte. Au VIIe siècle, l’Église romaine institue la fête de Toussaint le 1er novembre, qui est devenue une tradition de toutes les églises locales.

La communion des saints permet la prière pour les âmes de ceux qui sont passés de la vie à l’éternité : elle rend possible l’intervention de l’Église terrestre, la seule capable d’actualiser des « bonnes actions », méritoires, destinées à aider les âmes des morts, qui ont quitté le monde historique et sont entrées dans une subsistance éternelle et immuable. C’est pourquoi la prière de l’Église pour les morts est justifiée, ces derniers ne pouvant, par leur propre pouvoir, changer leur état, seulement la communion avec l’Église historique offrant la possibilité de contribuer à aider les âmes des morts qui sont au purgatoire. Telle est la base théologique de la prière pour les morts, que l’Église catholique fait depuis les temps anciens.

C’est pourquoi l’Église a institué le 2 novembre la commémoration des fidèles défunts : " Reconnaissant dès l’abord cette communion qui existe à l’intérieur de tout le corps mystique de Jésus-Christ, l’Église en ses membres qui cheminent sur terre a entouré de beaucoup de piété la mémoire des défunts dès les premiers temps du christianisme en offrant aussi pour eux ses suffrages ; car ‘la pensée de prier pour les morts, afin qu’ils soient délivrés de leurs péchés, est une pensée sainte et pieuse’ (2 M 12, 45) . Notre prière pour eux peut non seulement les aider mais aussi rendre efficace leur intercession en notre faveur." (Catéchisme de l’Église Catholique n. 958).

La communion des saints est là où se trouve l’Église du Christ. Nous manifestons visiblement notre communion avec le Corps mystique de Jésus-Christ à travers la communauté de prière, en familles, dans nos paroisses, en réalisant que nous sommes « ensemble » avec tous les frères et sœurs de notre pays et du monde entier. Nous sommes ensemble et au-delà des limites de l’histoire, avec les saints heureux du Ciel et avec nos ancêtres qui attendent notre aide par la prière pour les âmes des morts. Puissions-nous vivre dans nos familles cette communion, un moment où nous pensons à nos ancêtres, aux saints qui intercèdent pour nos besoins terrestres, dans les épreuves et les tribulations de l’histoire. C’est un moment de communion exercé dans le plan « horizontal » de la cohésion dans l’Église catholique et dans le plan « vertical » de la transcendance qui unit le Ciel et la Terre, l’histoire et l’éternité, car : " Nous croyons à la communion de tous les fidèles du Christ, de ceux qui sont pèlerins sur la terre, des défunts qui achèvent leur purification, des bienheureux du ciel, tous ensemble formant une seule Église, et nous croyons que dans cette communion l’amour miséricordieux de Dieu et de ses saints est toujours à l’écoute de nos prières "

Père Alexandru Buzalic