Homélie du 4e dimanche de l’Avent (année B) L’Annonciation (père Gladimir Museau) Enregistrer au format PDF

Samedi 19 décembre 2020
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Homélie du 4e dimanche de l’Avent (année B)
Dimanche 20 décembre 2020.
(2 S 7, 1-5.8b-12.14a.13 ; Ps 88 ; Rm16, 25-27, Ev. Lc 1, 26-38)
L’homélie de ce dimanche nous est donnée par le père Gladimir Museau, nommé dans la Communauté pastorale du pays de Guingamp mais pour l’instant retenu en Haïti à cause des mesures sanitaires. Nous sommes heureux déjà d’accueillir son annonce de la Parole de Dieu !

L’Annonciation - Chapelle de N-D de Lorette en Pédernec

Frères et Sœurs bien-aimés,

Nous voici à quelques heures de Noël, où nous allons vivre et accueillir le mystère de Dieu qui vient épouser notre humanité. C’est vrai que nous ne pouvons pas le célébrer comme les années précédentes, mais ce qui est certain, c’est que la quintessence de cette fête reste inchangeable, puisqu’avant même d’habiter un édifice, Dieu habite d’abord notre cœur.

"Venir habiter la terre des hommes…

Considéré comme la dernière étape sur le chemin de l’Avent, ce 4e dimanche est placé sous le signe du grand désir de Dieu : « Venir habiter sur la terre des hommes, y planter sa tente comme dira Saint Jean ». Et la liturgie d’aujourd’hui nous invite à comprendre que les voies de Dieu ne sont pas les nôtres. Il fait toujours des choix qui nous étonnent. C’est ce que nous découvrons à travers les textes d’aujourd’hui.

En effet, pour succéder au roi Saül, Il choisit le plus jeune des fils de Jessé, David, à qui il promet une descendance royale durable. C’est grâce à l’action du Seigneur et à sa fidélité que la descendance de David verra une maison et une royauté stable pour toujours : « Je serai pour Lui un père, et lui sera pour moi un fils ». Tel est le désir de Dieu pour chacun de nous, il veut que notre relation avec lui soit une relation Père-Fils, Père-Fille.

L’annonce à Marie

Et pour la naissance du futur Fils de David, il élit une humble jeune fille qu’il a comblée de grâce et qui consent à être la Servante du Seigneur. Cette naissance est annoncée dans la première lecture et plus tard par Paul qui nous dira que c’est la révélation d’un mystère gardé depuis toujours dans le silence (2e lecture)

De ce fait, en nous faisant entendre l’Évangile de l’Annonciation, ce 4e dimanche nous donne l’occasion de réfléchir à ce rôle de la plus haute importance que Dieu a confié à Marie dans le plan du salut. Il nous invite à contempler Marie, la mère de Jésus, l’Emmanuel et l’accueil sans condition qu’elle fait du don précieux que Dieu nous offre en Jésus, son Fils, son Unique. Il nous montre aussi que Dieu compte sur notre collaboration, qu’il veut que nous soyons ses associés.

Son désir pour nous les hommes n’a pas changé, voilà pourquoi il continue aujourd’hui encore à appeler des hommes, des femmes et même des enfants pour œuvrer dans sa vigne. Ce n’est plus par l’ange Gabriel qu’il intervient dans notre vie. Il nous rejoint dans les diverses circonstances par les personnes qu’il met sur notre route. Il peut aussi nous interpeler par une parole d’évangile ou par un événement particulier. Il peut même venir nous chercher très loin et très bas. Il nous invite à puiser à la Source de son amour pour le rayonner autour de nous.

L’Incarnation passe par nous !

Comme chrétiens, nous sommes choisis par Dieu pour incarner sa bonté, sa tendresse et sa justice. Dans ce monde troublé, c’est plus que jamais nécessaire.
Il a besoin de nos mains pour continuer les siennes. Il a besoin de nos lèvres pour prononcer et partager ses paroles. Il a besoin de nos yeux pour voir la souffrance humaine et la soulager. Quelle que soit la question qu’il nous pose, il nous invite à lui dire oui. Et à l’instant où nous disons oui, c’est une grande aventure qui commence. Il n’y a pas de plus grand honneur pour les hommes que d’être les serviteurs de l’amour. Sommes-nous disposés à lui dire oui comme Marie ? Acceptons-nous vraiment de faire la volonté de Dieu ? Partageons-nous la Bonne Nouvelle en faisant de chaque jour un Noël ?

Comme Marie, Il nous appelle pour nous confier une mission, une responsabilité. Il compte sur nous dans notre paroisse, notre famille, nos lieux de vie et de travail pour être les témoins et les messagers de son amour. En choisissant de naître dans un corps humain, il nous appelle à entrer et à vivre en communion avec Lui. Il vient vers nous depuis longtemps, il vient partager nos misères, nos souffrances, nos soucis, nos angoisses. À l’instar de Marie, sachons l’écouter, accueillir sa parole, son appel.

Dans cette annonciation, elle nous donne le modèle à suivre. Elle nous montre que la foi est un « oui » à la vie reçue de Dieu, envers et contre tout, en dépit de tout ce qui pourrait nous inciter à dire non. La foi s’engage à avancer là où on ne sait pas aller,là où cela semble impossible de passer. Première disciple, elle n’a pas suivi d’autre chemin. Elle a été la servante du Seigneur ; et aujourd’hui, elle nous dit : « Faites tout ce qu’il vous dira ».

Par son oui, elle a donné le Christ au monde. À nous aussi, chrétiens, il revient de donner le Christ au monde d’aujourd’hui. Et pour ce faire, nous devons écouter et accueillir dans le silence le mystère de Dieu et le mystère de l’autre, ainsi nous deviendrons nous aussi un peu comme Marie, la maison où Dieu vient au monde.

Père Museau Gladimir. Diocèse des Cayes – Haïti

Je te salue Marie

Je te salue Marie, Mère de tous nos désirs d’être heureux.
Tu es la terre qui dit oui à la vie.
Tu es l’humanité qui consent à Dieu.
Tu es la foi qui accueille l’imprévisible.
Je te salue Marie, Mère de toutes nos recherches de ce Dieu imprévu. _ Tu es la mère des obscurités de la foi.
Toi qui conserves tous les événements dans ton cœur,
et qui fait confiance en l’avenir de Dieu, ton Seigneur.
Creuse et médite tous nos pourquoi ?

Je te salue Marie, Mère de toutes nos souffrances.
Tu es la femme debout au pied de l’homme crucifié.
Tu es la mère de tous ceux qui pleurent l’innocence massacrée et le prisonnier torturé.
Je te salue Marie, Mère de toutes nos pentecôtes.
Tu es, avec les apôtres, l’Église qui prie accueille les dons du Saint Esprit.

Je te salue Marie, Mère de toutes nos espérances.
Tu es l’étoile radieuse d’un peuple en marche vers Dieu.
Tu es l’annonce de l’humanité transfigurée. Tu es la réussite de la création que Dieu a faite pour son éternité.

Père Michel Hubaut