Homélie du père Guy Marzin (Épiphanie 2021, dimanche 3 janvier) Enregistrer au format PDF

Dimanche 3 janvier 2021
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Évangile : Matthieu 2, 1-12
Après l’homélie du père Guy Marzin, on trouvera une prière pour prolonger la méditation.

Les mages et l’étoile Aquarelle d’Alain Cogneau

Dans le texte d’Évangile de ce dimanche nous avons entendu l’intention des mages en arrivant à Jérusalem : « Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. » L’objectif, le but des mages, est bien de se prosterner, d’adorer « le roi des Juifs qui vient de naître. » À la fin du récit, quand les mages sont arrivés à la crèche de Bethléem, on nous dit également : « Les mages entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. » On voit bien qu’il n’y a qu’un seul désir chez les mages : se prosterner, adorer l’enfant couché dans une mangeoire ! C’est un beau témoignage à retenir pour nous tous chrétiens qui entendons ce texte d’évangile. Durant notre vie, notre marche, notre cheminement dans la foi, garder le sens de l’adoration, de la contemplation de Dieu. On voit bien dans le texte d’évangile que certains n’arrivent pas à adorer Dieu sur le visage de Jésus ! Hérode ne va pas à la crèche, les grands prêtres et les scribes non plus !

Sommes-nous de vrais adorateurs, des contemplatifs, des personnes tournées vers Dieu révélé sur le visage de Jésus ? Devant qui nous allons nous prosterner aujourd’hui ? Devant le dieu argent, devant les belles voitures, devant le dieu consommation, le dieu plaisir à tout prix, le dieu succès, devant les stars de la télé, etc. ? Les tentations de nous prosterner devant les choses, les biens qui passent, les personnes célèbres, sont présentes dans notre monde, nous le savons. Déjà, dans l’ancien testament, on savait qu’on ne devait adorer que Dieu seul. « Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage. Tu n’auras pas d’autres dieux que moi. » dit le Seigneur, dans le livre du Deutéronome (Dt 5, 6-7)

Alors, adorer, contempler, pour un chrétien, c’est quoi ?

Je crois que c’est commencer par se décentrer. Adorer c’est mettre le Seigneur au centre pour ne pas être centré sur soi-même. C’est remettre les choses à leur place, en laissant à Dieu la première place. En venant à la messe je mets qui en premier ? Ma personne ou Dieu révélé sur le visage de Jésus ? Quand nous adorons, nous permettons à Jésus Christ de nous guérir et de nous changer. En priant le cœur tourné vers Dieu, nous lui donnons la possibilité de nous transformer, d’éclairer nos vies, de nous donner la force dans la faiblesse et le courage dans les épreuves. Adorer, contempler, c’est comme les mages, se faire petit, humble devant l’enfant de la crèche de Bethléem.

Mon Seigneur et mon Dieu !

Les occasions de manquent pas d’adorer ! Je pense qu’en participant à l’eucharistie nous sommes invités à adorer Jésus Christ, présent dans la Parole lue et partagée, présent dans le sacrement de l’eucharistie. Nous pouvons tous dire comme saint Thomas dans l’évangile de Jean, à chaque messe, en regardant le livre des Évangiles, en odorant l’hostie consacrée : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » (Jn 20, 28). La messe est le lieu par excellence de l’adoration pour les chrétiens.

En venant à la crèche de Bethléem, les mages se sont prosternés devant Jésus, ils ont adoré Jésus vrai Dieu et vrai homme. Ils ont trouvé un sens à leur cheminement, un sens à toute leur vie. Le texte d’évangile se termine en nous disant que les mages « regagnèrent leur pays par un autre chemin. »
Puissions-nous tous, après cette célébration de l’eucharistie, en la solennité de l’Épiphanie, regagner notre domicile, retrouver la vie quotidienne avec un autre regard, un sens différent de la vie, car nous aurons adoré Jésus Christ dans la célébration de l’eucharistie. Amen.

Abbé Guy Marzin

Adoration des mages Église de Gurunhuel

Prière aux mages pour chercher avec eux.

Votre cœur s’est mis en route vers Dieu
en même temps que vos pas se dirigeaient vers Bethléem.
Vous cherchiez et Dieu guidait votre recherche
dès l’instant où vous l’avez entreprise.
Vous le cherchiez donc, lui, le Salut.

Vous le cherchiez au firmament du ciel,
mais aussi dans votre cœur ;dans le silence
mais aussi dans les questions posées aux hommes.
Quand, arrivés près de l’Enfant,
vous vous agenouillez devant lui,
vous offrez l’or de votre amour,
l’encens de votre vénération,
la myrrhe de vos souffrances devant la Face du Dieu invisible (…).

Et toi, risque à ton tour le voyage vers Dieu ! Allons, en route !
Oublie le passé, il est mort !
La seule chose qui te reste, c’est l’avenir.
Regarde donc en avant :
la vie est là et ses possibilités entières,
Car on peut toujours trouver Dieu,toujours le trouver davantage.
Un atome de réalité surnaturelle a tellement plus de prix que nos rêves les plus grandioses :
Dieu est l’éternelle jeunesse et il n’y a point de place
pour la résignation dans son Royaume !

Méditation inspirée d’un texte de jésuite Karl Rahner (1904-1984)